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Stéphane Dion demande à Stephen Harper de rendre des comptes
Le 4 janvier 2006 - 17:29
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L'élection possible d'un gouvernement conservateur le 23 janvier semble hanter de plus en plus le ministre fédéral de l'Environnement, Stéphane Dion, qui demande au chef du parti, Stephen Harper, de rendre des comptes à la population sur plusieurs questions avant le jour du vote.
Les derniers sondages menés dans le cadre de la campagne électorale fédérale indiquent que libéraux et conservateurs sont désormais au coude à coude.
De passage à Québec, mercredi, le ministre Dion a brandi une série de menaces qui ne manqueraient pas de s'abattre sur le pays, selon lui, si jamais les Canadiens décidaient d'élire un gouvernement conservateur.
"M. Harper n'a pas précisé du tout qu'est-ce qu'il ferait du point de vue de la marche de la fédération. Quelles responsabilités il enlèverait au gouvernement fédéral pour les redonner aux gouvernements des provinces? Comment il limiterait le pouvoir fédéral de dépenser davantage qu'il est déjà limité? Comment il renforcerait le rôle des provinces à l'international, tout en protégeant la capacité du Canada de parler d'une seule voix? Et quant au soi-disant déséquilibre fiscal, il ne l'a pas chiffré", a répondu M. Dion, lors d'un point de presse, à une question qui portait sur un autre sujet.
A une question sur son différend avec le ministre québécois du Dévelopement durable, Thomas Mulcair, dans le dossier des changements climatiques, encore une fois M. Dion a répondu en attaquant plutôt M. Harper.
"Il faut croire à la lutte contre les changements climatiques. Il faut croire au protocole de Kyoto. M. Harper n'y croit pas. Il l'a dit. Il mettrait le Canada au neutre vis-à-vis du protocole de Kyoto et cela serait une tragédie, et les gens doivent le savoir avant de voter", a-t-il fait valoir.
En fait, M. Harper a identifié des lacunes au protocole de Kyoto et s'est dit favorable à un programme de réduction des gaz à effet de serre qui incluerait les Etats-Unis. De plus, le chef conservateur a critiqué le fait que le gouvernement libéral défende l'idée de permettre aux entreprises polluantes d'acheter des crédits d'émission de gaz à effet de serre à l'étranger.
Quant au déséquilibre fiscal, les conservateurs reconnaissent qu'il y a un problème entre le gouvernement fédéral et les provinces et s'engagent à le régler, tandis que les libéraux de Paul Martin nient son existence.
"Seulement le premier ministre de l'Ontario réclame 23 milliards $ pour l'Ontario seulement, prétendant que l'Ontario ne reçoit pas assez comparativement au Québec et aux autres provinces, alors M. Harper doit donner ces précisions-là afin qu'on sache ce qu'il a voulu dire exactement", a ajouté M. Dion.
Port de Québec
Le ministre de l'Environnement était à Québec en vue de remettre au capitaine du navire Minerva Anna, Adipas Adonius, la canne à pommeau d'or 2006. Le navire, battant pavillon maltais, a été le premier à mouiller les eaux du port de Québec cette année.
Le port de Québec "doit beaucoup son développement au fait que le Canada existe", a dit M. Dion, en rappelant que le fleuve Saint-Laurent devait demeurer en terre canadienne.
Le Québec "ne doit sûrement pas mettre une frontière internationale entre nous et les provinces maritimes et l'Ontario. Cela poserait énormément de difficultés dans les négociations pour l'accès au port et son développement", selon lui.
Le directeur du port de Québec, Ross Gaudreault a profité de la présence du ministre Dion pour demander à Ottawa la construction de deux nouveaux quais afin de composer avec l'augmentation du volume d'activités dans les eaux de la vieille capitale.
M. Dion a réagi en disant qu'un gouvernement libéral allait "certainement" traiter cette requête "avec grand intérêt".
Survenant au beau milieu de la campagne électorale, la cérémonie de remise de la canne à pommeau d'or a pris un caractère très politique, cette année, plusieurs candidats et députés des diverses formations qui s'affrontent étant présents sur les lieux pour serrer des mains.
Parmi les personnalités aperçues, notons par ailleurs la présence de l'ex-directeur de cabinet de Jean Chrétien, deux fois congédié de la direction de Via Rail, Jean Pelletier, dont le nom est désormais associé au scandale des commandites. Il s'est refusé à tout commentaire sur la campagne électorale.
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