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Le prix du baril de pétrole brut atteint 70 $ pour la première fois en 7 mois
Le 17 avril 2006 - 18:46
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Le baril de pétrole brut a clôturé à plus de 70 $ US, lundi, établissant un nouveau record après une hausse de plus de 1 $ US pendant la journée.
D'après les experts, ce bond est attribuable à l'incertitude entourant la baisse des réserves d'essence aux Etats-Unis, à la situation chaotique au Nigeria ainsi qu'aux tensions reliées au programme nucléaire iranien.
Selon les analystes, les prix demeureront vraisemblablement élevés tant que ces problèmes géopolitiques ne seront pas réglés puisqu'aucune diminution de la demande n'est prévue à court terme.
Le courtier new-yorkais Tom Bentz affirme qu'il est impossible de dire quand prendra fin la hausse. Certains de ses collègues disent s'attendre à un prix supérieur à 75 $ US le baril au cours des prochaines semaines.
Sur le parquet du New York Mercantile Exchange, le brut léger non sulfuré pour livraison en mai a clôturé la séance à 70,40 $ US, en hausse de 1,08 $ US par rapport à son cours de clôture de jeudi dernier.
C'est 0,59 $ US de plus que son précédent record, établi après le passage de l'ouragan Katrina sur la côte américaine du golfe du Mexique, en août dernier. Le baril avait alors atteint 70,85 $ US pendant la journée avant de redescendre à 69,81 $ US.
Si l'on tient compte de l'inflation, on demeure toutefois bien loin des records battus en 1980 au lendemain de la révolution en Iran et pendant la guerre opposant ce pays à son voisin, l'Irak. En dollars de 2005, le prix du baril à l'époque s'élevait à 77 $ US le baril.
L'essence s'est aussi enflammée, lundi pour finir la journée à 2,1697 $ US le gallon, son prix le plus élevé depuis septembre. D'après les autorités américaines, le prix moyen à la pompe aux Etats-Unis est actuellement 0,55 $ US de plus le gallon qu'à pareille date l'an dernier.
Selon le département américain de l'Energie, pour la semaine terminée le 7 avril, les réserves d'essence aux Etats-Unis ont baissé de 3,9 millions de barils pour s'établir à 207,9 millions de barils _ en baisse de près de 2 pour cent par rapport au niveau de la semaine correspondante de 2005.
Au Nigeria, le 12e pays exportateur de pétrole en importance dans le monde, les actions de rebelles contre des installations pétrolières menacent les exportations. Un demi-million de barils par jour sont retenus sur place et les rebelles promettent d'intensifier les pressions.
Pour ce qui est de l'Iran, certains observateurs craignent que les exportations de pétrole de ce pays ne soient interrompues si la communauté internationale décidait de réagir au refus de Téhéran d'abandonner son programme nucléaire.
D'autres facteurs viendront compliquer la situation au cours des semaines et des mois à venir, a fait savoir en entrevue M. Carol Montreuil, vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers.
D'abord, des raffineries devront temporairement cesser leurs activités quelque temps pour procéder à de l'entretien. Cet entretien, qui doit être fait régulièrement, a déjà été retardé à cause de la forte demande des années passées, qui empêchait de cesser les activités, même temporairement. "Ce printemps, c'est une grosse année" pour l'entretien des raffineries, indique M. Montreuil.
De plus, la fin de l'utilisation d'un additif dans l'essence aux Etats-Unis, le MTBE, entraînera des répercussions qu'on peut difficilement évaluer à ce jour, avance M. Montreuil.
C'est lors de la première semaine du mois de mai que cet additif, qui représente entre 2 et 3 pour cent du volume aux Etats-Unis, cessera d'y être utilisé.
Cet additif n'est pas utilisé au Canada, mais les marchés sont très interreliés, note M. Montreuil.
Plusieurs misent sur l'éthanol pour remplacer le MTBE, mais les spécialistes ignorent s'il suffira à répondre aux besoins. "L'éthanol pourra compenser jusqu'à un certain point."

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