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Selon Stéphane Dion, le Canada doit se déclarer prêt à reconnaître le Kosovo
Le 18 février 2008 - 16:30
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| Stéphane Dion |
Par Alexandre Robillard
Le Canada doit se déclarer prêt à reconnaître l'indépendance du Kosovo afin d'aller dans le même sens que la plupart des pays européens et de ses principaux partenaires, a affirmé lundi le chef de l'opposition à la Chambre des communes.
Stéphane Dion estime que la meilleure façon d'offrir de l'aide aux pays européens, qui doivent composer avec la déclaration d'indépendance de cette province serbe à majorité albanophone, est d'aller dans le même sens qu'eux.
`Ce qui est important pour le Canada, c'est de constater que la plupart des pays européens et nos principaux alliés sont prêts à reconnaître, a-t-il déclaré lors d'un point de presse. Le Canada devrait à mon avis se déclarer prêt à reconnaître aussi. Pour travailler avec nos amis européens."
M. Dion ne croit pas que le Canada devrait être le premier à se précipiter, mais qu'il devrait tout de même envoyer ce message à ses alliés européens.
Le chef libéral était de passage lundi à Québec, où il a notamment prononcé une allocution sur l'environnement à l'Université Laval.
Dimanche, le parlement du Kosovo a proclamé son indépendance, malgré l'opposition de la Serbie. Lundi, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont reconnu cette déclaration. Jusqu'ici, le gouvernement canadien n'a pas encore fait entendre sa voix.
Faisant un parallèle avec une éventuelle déclaration d'indépendance du Québec, Stéphane Dion a indiqué lundi que la proclamation du Kosovo démontre la difficulté d'obtenir la reconnaissance de la communauté internationale.
M. Dion a affirmé que la reconnaissance du Kosovo vient de façon partielle, car le veto de certains pays, dont la Russie, pourrait empêcher ce pays d'être admis aux Nations unies.
Le chef libéral a insisté sur le fait que la situation actuelle contredit les affirmations des leaders souverainistes québécois à l'effet que la communauté internationale pourrait reconnaître la souveraineté d'une province canadienne contre la volonté du gouvernement fédéral.
`Le seul enseignement qu'on pourrait éventuellement tirer, c'est à quel point la reconnaissance internationale est difficile à obtenir, a-t-il déclaré. Et combien il serait complètement irréaliste de penser que des pays essaieraient de passer par-dessus la tête du gouvernement canadien si une telle situation devait se présenter avec une province canadienne."
Selon lui, dans pareil cas, le reste du monde considérerait que cela demeure une question canadienne qui doit être réglée entre les Canadiens.
`Les Québécois et les autres Canadiens, on a un débat, qui est: 'est-ce qu'on reste ensemble ou est-ce qu'on se scinde'. Et ce débat, c'est un débat entre nous", a-t-il dit.
L'indépendance du Kosovo fait face à une certaine résistance internationale, notamment de la Chine et de la Russie _ ce dernier pays étant un important allié de la Serbie _, où le président Vladimir Poutine a déclaré qu'une indépendance sans la reconnaissance de l'ONU pourrait créer un dangereux précédent.
La Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto en tant que membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont ainsi la possibilité d'empêcher le Kosovo d'obtenir une place dans l'organisation internationale.

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