 |
Affaire Cadman: Harper exige des excuses des libéraux, Dion refuse
Le 3 mars 2008 - 18:32
|

|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|

|
|
| Le premier ministre Stephen Harper |
Par Isabelle Rodrigue
Le premier ministre Stephen Harper a répliqué, lundi, aux attaques des libéraux, menaçant le chef Stéphane Dion de le poursuivre devant les tribunaux s'il n'offre pas d'excuses formelles et ne retire pas des propos sur la prétendue tentative des conservateurs d'acheter le vote de l'ancien député Chuck Cadman.
La mise en demeure survient le jour même où M. Harper obtient un appui aussi inespéré que surprenant. Après avoir affirmé sur toutes les tribunes que le Parti conservateur avait tenté de soudoyer son défunt mari en lui offrant une police d'assurance-vie d'un million de dollars en échange de son vote, la veuve de M. Cadman, Dona Cadman, soutient que M. Harper l'a convaincue il y a plus de deux ans qu'il n'en savait rien.
Dans une déclaration écrite, Mme Cadman raconte avoir soulevé la question auprès de M. Harper, peu de temps après la mort de son époux, il y a deux ans et demi.
"Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit qu'il ne savait rien de cette offre de police d'assurance. Je savais qu'il disait la vérité, je pouvais le voir dans ses yeux", explique Mme Cadman, qui ne va pas jusqu'à nier les confessions de fin de vie de son mari.
Elle dit croire aujourd'hui que l'offre provenait de "deux individus zélés" du Parti conservateur.
La déclaration tombe à point et pourrait offrir une nouvelle défense pour les conservateurs placés dans l'embarras à cause de toute cette affaire.
Le premier ministre Harper, cible première des partis d'opposition, a rétorqué lundi au Parti libéral du Canada (PLC) en le menaçant de poursuites.
Dans une mise en demeure envoyée lundi matin au PLC et à M. Dion, les avocats du premier ministre arguent que des propos affichés sur le site Web "sont dangereusement diffamatoires".
M. Harper, par la voix de ses avocats, exige des excuses en bonne et due forme, ainsi que le retrait de deux textes précis du site Internet du PLC. Ces textes affirment que le premier ministre était au courant de l'offre de la police d'assurance-vie, ce qui représente une violation du Code criminel.
"Ces déclarations malsaines et inutilement diffamatoires minent la réputation du premier ministre", peut-on lire dans la mise en demeure signée par l'avocat Richard Dearden, qui représente M. Harper.
M. Dion n'a visiblement pas l'intention de se rétracter ni de s'excuser. "Ça prendra plus que des menaces de poursuite pour nous empêcher d'obtenir la vérité", a lâché M. Dion.
Aux Communes, lundi, l'affaire Cadman a dominé la période de questions.
Bombardé par l'opposition, le premier ministre n'a pas bronché, accusant le chef libéral de faire des allégations "extrêmes", et "cela deviendra sa plus grande erreur de jugement dans sa carrière politique", a-t-il soutenu.
Mais les explications avancées par le gouvernement n'ont pas satisfait l'opposition qui ramène toujours à l'avant-plan l'enregistrement d'une entrevue donnée en 2005 par M. Harper au journaliste Tom Zytaruk, également auteur de la biographie à paraître sur Chuck Cadman.
Dans cet enregistrement rendu public la semaine dernière, M. Harper admettait être au courant d'une offre monétaire.
"L'offre faite à Chuck ne visait qu'à remplacer des sommes perdues dans une éventuelle élection", y déclare le premier ministre, qui était à l'époque encore chef de l'opposition officielle.
Pour les libéraux, c'est là la preuve que M. Harper savait qu'une offre financière avait été présentée.
"N'importe quel individu qui n'aurait pas été au courant, aurait dit: "Quoi? De quoi parlez-vous: Un million de dollars?" Or, le premier ministre a répondu ne pas être au courant des détails. Le premier ministre savait donc qu'une offre avait été faite", a résumé M. Dion.
Dans la biographie à paraître sur Chuck Cadman, Mme Cadman affirme que son mari avait reçu en mai 2005 la visite de deux représentants du Parti conservateur lui promettant une assurance-vie d'un million de dollars s'il votait à leur côté aux Communes, ce qui aurait eu pour effet de renverser le gouvernement de Paul Martin.
M. Cadman, qui souffrait d'un cancer en phase terminale, est décédé deux mois plus tard.
La fille et le gendre de l'ex-député indépendant disent aussi avoir entendu cette version.
Les conservateurs ne cachent pas avoir approché leur ancien porte-couleur en 2005, mais ils font valoir qu'ils s'étaient contentés de lui offrir de réintégrer la famille conservatrice et de discuter des moyens pour faciliter ce retour lors de la campagne électorale qui suivrait.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n'avale pas cet argument. "Tous savaient que M. Cadman était en phase terminale et lui demander de se présenter à la prochaine élection est un peu surprenant", a-t-il déclaré.

|

Articles reliés [Nouvelles nationales]
|

|

|

|
|

|
|

|
 |



|
 |