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Obama et Clinton veulent creuser l'écart dans le Wyoming
Le 8 mars 2008 - 08:28
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Dans la course serrée qui oppose Hillary Clinton et Barack Obama pour l'investiture démocrate à la présidentielle américaine, les caucus de samedi dans le Wyoming confèrent une importance inhabituelle à cet Etat de l'ouest. Car tous les délégués sont bons à prendre pour creuser l'écart.
Barack Obama peut ainsi espérer reprendre des points à sa rivale, qui a relancé le suspense mardi dernier en remportant les primaires dans le Texas, l'Ohio et le Rhode Island, ne lui laissant que le Vermont.
Le sénateur de l'Illinois garde la tête du classement général, avec les voix de 1.571 délégués contre 1.462 à la sénatrice de New York, mais il n'est pour l'heure soutenu que par 210 superdélégués, contre 242 pour Mme Clinton. Or, selon les calculs de l'Associated Press, les suffrages de ces cadres du parti libres de voter comme bon leur semble seront déterminants lors de la convention nationale de la fin août qui désignera le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre. Le gagnant sera celui qui aura mis de son côté au moins 2.025 délégués et superdélégués.
Selon un sondage national publié cette semaine par le magazine "Newsweek", M. Obama est crédité de 45% des intentions de vote et Mme Clinton de 44%, avec une marge d'erreur de plus ou moins 3,5 points de pourcentage.
Jusqu'ici, Hillary Clinton a enregistré de bons scores dans les grandes primaires, où les électeurs inscrits sous l'étiquette démocrate votent dans un isoloir, mais Barack Obama a remporté 12 des 15 caucus, où il faut convaincre de petits groupes. Etat républicain, le Wyoming, prend donc avec ses 12 délégués une importance qu'il n'avait pas connue dans une campagne présidentielle démocrate depuis près de 50 ans.
"On ne considère habituellement pas le Wyoming comme un Etat de poids mais là, il tombe au bon moment pour les deux candidats", constate Kenneth Bickers, politologue à l'Université du Colorado. "Ils ont tous les deux besoin de la victoire (...) et de tous les délégués qu'ils pourront grappiller pour pousser leur compteur dans la bonne direction".
Le lauréat du Wyoming jouira d'un élan supplémentaire pour la primaire de mardi prochain dans le Mississippi, où Barack Obama, potentiel premier président métis des Etats-Unis, est donné favori étant donné l'importance de la population noire de cet Etat. Les sondages lui prédisent un bon score aussi dans le Wyoming.
Les déclarations de l'une de ses conseillères qui, avant de démissionner vendredi, a qualifié Mme Clinton de "monstre" et admis que le sénateur, s'il était élu à la Maison Blanche, ne pourrait peut-être pas retirer tous les soldats américains d'Irak d'ici 16 mois, contrairement à sa promesse, ont pu jeter un froid, mais tout n'est pas facile non plus pour Hillary Clinton.
Vendredi, en campagne dans le Mississippi, celle qui pourrait devenir la première femme présidente des Etats-Unis a ainsi tenté de minimiser la portée de ses propos d'octobre dernier quant au retard qu'accuserait cet Etat du Sud dans la promotion des femmes. Elle a par ailleurs saisi l'occasion de critiquer son adversaire sur le dossier irakien. "Il m'attaque continuellement parce que je ne donne pas de date de fin (de la guerre) et maintenant nous apprenons qu'il n'en a pas non plus, et qu'en fait il n'a pas de plan du tout!".
Barack Obama a de son côté réitéré sa promesse de mettre fin au conflit en 2009 et a rappelé une nouvelle fois, devant les électeurs de Casper (Wyoming), que sa rivale avait voté pour la guerre en 2002.
Cela ne fait que quelques semaines que les deux candidats s'intéressent au Wyoming, multipliant les meetings et les spots publicitaires ces derniers jours pour séduire les quelque 59.000 électeurs inscrits en tant que démocrates. La prochaine grande primaire est fixée au 22 avril en Pennsylvanie et d'ici là chacun s'emploiera à faire pencher les superdélégués en sa faveur.
Mais les divisions du Parti démocrate pourraient profiter à John McCain, qui est mathématiquement assuré d'être le champion républicain à la présidentielle: nombre des personnes interrogées dans le sondage de "Newsweek" préféreraient voter pour lui que pour un candidat démocrate qui ne serait pas leur favori.

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