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Barack Obama à la conquête des électorats d'Hillary Clinton
Le 28 mai 2008 - 10:49
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| Barack Obama |
Nouvelle opération séduction pour Barack Obama: il doit reconquérir ces électorats fluctuants qui ont donné leur préférence à Hillary Clinton pendant les primaires démocrates, femmes surtout, mais aussi personnes âgées, ouvriers, banlieusards, catholiques... La bonne nouvelle pour lui est qu'il semble tout de même mieux en cour que le républicain John McCain auprès de ces catégories susceptibles de faire la différence en novembre.
L'analyse de l'électorat des primaires démocrates montre que ces composantes sont si mouvantes qu'elles passent d'un parti à l'autre (les fameux "swing voters") et que leur coeur aura battu plus pour Hillary que pour Obama. Ce qui permet à l'ex-First Lady de continuer d'affirmer jusqu'au bout qu'elle est la mieux placée pour porter les couleurs démocrates en novembre.
Pourtant, s'il décroche la nomination, rien ne dit que le jeune sénateur de l'Illinois ne réussira pas à séduire ces électeurs. Les sondages de mai le mettent en tête devant McCain auprès des femmes, à égalité avec lui auprès des catholiques et banlieusards, et à la traîne, tout de même, auprès des plus de 65 ans.
Ces chiffres varient en fonction du niveau d'études. Mais si Obama ne séduit décidemment pas les Blancs n'ayant pas fait d'études supérieures, il ne fait pas pire auprès d'eux que les deux derniers candidats démocrates à la présidentielle.
Et face au républicain McCain, il fait tout autant carton plein que face à sa rivale démocrate auprès des groupes saisis par l'Obamania, les jeunes et les plus diplômés.
Mais le sénateur métis a tout de même du pain sur la planche. Il lui faut absolument séduire les électorats fluctuants, tâche compliquée par la tactique de McCain, qui fait une campagne plutôt centriste histoire de ratisser large, et par le mauvais sang d'une campagne intradémocrate qui a dépité nombre de pro-Hillary: lors des dernières primaires, seuls la moitié des partisans de la sénatrice de New York ont dit qu'ils voteraient Obama à l'automne.
Comme Maureen Brown, 53 ans, qui trouve Obama trop néophyte: "Je ne voterai pas, ou je voterai McCain. Le choix que nous avons n'est franchement pas terrible."
Il reste cinq mois avant le jour J et, d'ici là, bon nombre de vrais démocrates devraient resserrer les rangs et oublier les querelles de l'hiver et du printemps.
Obama n'a pas besoin de faire le plein des électorats pro-Clinton: il devrait lui suffire de panacher, d'ajouter quelques-unis de ces électeurs à ses groupes phare, afro-américains, jeunes et diplômés, pour réussir à remporter les voix dont il aura besoin.
Si les femmes donnaient leur préférence à Clinton par sept points de pourcentage sur Obama, ce dernier enregistre cinq points de mieux que McCain dans le dernier sondage Gallup du mois. Son avance sur le républicain est de 13 dans un autre sondage, voire de 20 selon une enquête CBS News-New York Times.
Quand on retrécit l'analyse aux seules femmes blanches (qui donnaient à Hillary un écrasant 24 points d'avance sur Obama), les résultats sont plus tangents entre le démocrate et le républicain, certains sondages donnant même McCain en tête.
Les femmes avaient préféré bien plus largement John Kerry en 2004, Al Gore en 2000 et Bill Clinton en 1996.
Mais les femmes blanches, particulièrement attendues en novembre, avaient majoritairement voté George W. Bush en 2004 et s'étaient équitablement réparties entre Bush et Gore en 2000. Ce n'est qu'en 1996 qu'un certain Bill Clinton avait nettement pris l'avantage.

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